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Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette dans l'Hérault

Patrimoine classé Patrimoine industriel Manufacture

Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette

    Grand Rue
    34800 Villeneuvette
Propriété privée ; propriété du département ; propriété de la commune
Cité manufacturière de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Ancienne cité manufacturière  de Villeneuvette
Crédit photo : Fagairolles 34 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1673
Fondation de la manufacture
27 juillet 1677
Édit royal de Louis XIV
1720
Rachat par Castanier d’Auriac
1803
Reprise par la famille Maistre
1954
Fermeture définitive
2014
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble de l'ancienne cité et son réseau hydraulique situés, d'un seul tenant, à savoir : 1/ le réservoir d'eau à l'ouest de la cité comprenant le « béal des collines », le « béal de la vallée » et le « béal des foulons », le pont-aqueduc dit « de l'Amour », le grand vivier, les fontaines, les canaux et tous les ouvrages qui leur sont liés ; 2/ les façades et toitures (à l'exception des adjonctions et aménagements du XXe siècle) de tous les bâtiments, y compris celles des bâtiments industriels du XIXe siècle, et, en totalité, le rez-de-chaussée du grand bâtiment des maisons de maître (depuis la place Louis XIV jusqu'au jardin de Saint-Cloud) avec, également en totalité, la tour de l'horloge avec son escalier sur la Grand-Rue ; 3// tous les sols bâtis et non bâtis, l'ancien grand jardin avec les vestiges de ses bassins, de ses allées, de ses canalisations, les restes de la porte de Lodève (au nord), « l'Enclos » central, le « jardin de Saint-Clous » (au sud-ouest), le jardin public dit « des Rames » (au sud), les allées d'arbres, notamment l'allée de platanes de l'accès à la cité à l'est, l'allée de Lodève et l'allée de mûriers en limite est, les allées de cyprès, notamment celle sur l'allée cavalière en limite ouest, les allées de tilleuls et de micocouliers ; le tout conformément aux quatre plans annexés à l'arrêté (cad. domaine public, non cadastré, pour la voirie (rue de la Calade, rue Colbert, Grand-Rue, place Louis XIV, rue des Fileuses, rue des Tisserands, ), le jardin public et les fontaines ; Mourèze B lieu-dit « La Maniane » 53, 55, 58, 166, 167 169 170 ; C 61 ; Clermont-l'Hérault DE lieu-dit « l'Arboussas » 32 et lieu-dit « Rolland » 33 ; Villeneuvette A, le « béal des collines », lieu-dit « la Bruyère », 1 à 3, le « béal de la vallée » 5, lieu-dit « l'Arcade » 32, 159, le « béal des foulons » lieu-dit « La Bruyère » 6 et le « béal de la vallée », lieu-dit « L'agasse » 115, 116 ; AB, la cité, lieu-dit « le Village »3 à 7, 9, 12, 14, 35 à 39, 49, 60, 98 à 103, 105, 106, 108, 110, 113, 114, 125 à 131, 133, 147, 149) : inscription par arrêté du 13 janvier 2014

Personnages clés

Pierre Baille - Fondateur de la manufacture Marchand-drapier de Clermont-l’Hérault en 1673.
André Pouget - Propriétaire et développeur Contrôle la manufacture à partir de 1676.
Louis XIV - Roi de France Érige Villeneuvette en manufacture royale (1677).
Guillaume Castanier d’Auriac - Propriétaire et modernisateur Rachète et développe la manufacture en 1720.
Famille Maistre - Industriels du XIXe siècle Mécanise la production pour l’armée (1803).

Origine et histoire

La manufacture de Villeneuvette, spécialisée dans la production de draps puis d’uniformes militaires, fut créée en 1673 par Pierre Baille, un marchand-drapier de Clermont-l’Hérault. Le site, traversé par la rivière Dourbie et équipé d’un moulin à foulon, offrait des conditions idéales pour une teinturerie et des ateliers de tissage. Des financiers montpelliérains, dont André Pouget (qui en prit le contrôle en 1676), financèrent son développement. Le 27 juillet 1677, un édit de Louis XIV éleva Villeneuvette au rang de manufacture royale, dans le cadre d’une politique industrielle visant à concurrencer les productions anglaises et hollandaises. Les draps, destinés à l’export vers le Proche-Orient, transitaient par Sète et Marseille.

Les débuts furent difficiles en raison de la concurrence de la manufacture des Saptes, soutenue par Pierre Louis Reich de Pennautier, trésorier des États de Languedoc. Pour relancer les ventes, Colbert créa en 1670 la Compagnie du Levant, chargée d’écouler les draps languedociens à Constantinople, Smyrne et Alexandrie. Malgré cela, les résultats restèrent modestes : en 1690, les deux manufactures exportaient à peine 1 000 pièces par an. La guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688–1697) aggrava leurs difficultés, conduisant à la fermeture du site des Saptes en 1699. Villeneuvette, mieux située grâce à sa rivière, survécut et fut rachetée en 1703 par Honoré Pouget pour 142 000 livres, avant d’être cédée en 1720 à Guillaume Castanier d’Auriac, qui modernisa les installations.

Sous l’impulsion de Castanier d’Auriac, la manufacture connut un essor remarquable à la fin de l’Ancien Régime, multipliant sa production par 80. Entre 1770 et 1785, elle exportait 50 000 à 100 000 pièces par an vers le Levant, représentant plus de la moitié des exportations françaises de draps vers le Moyen-Orient. La cité, ceinte de murailles et organisée selon un plan orthogonal, abritait une place centrale dédiée à Louis XIV, une église agrandie en 1740, et des logements ouvriers encore conservés aujourd’hui. Le réseau hydraulique (réservoir, aqueduc, canaux) alimentait les ateliers, tandis que la maison de maître (le Manoir de la fabrique) dominait l’ensemble.

Au XIXe siècle, la famille Maistre reprenant la manufacture en 1803, la mécanisa (cheminée construite en 1883) et réorienta la production vers les draps militaires. En 1827, la moitié de la filature travaillait pour l’armée, l’autre pour un négociant montpelliérain, M. Granier, spécialisé dans les couvertures de laine. Employant 800 personnes au début du siècle (dont un quart logé sur place), la manufacture bénéficia de primes à l’export sous Louis XVIII et Louis-Philippe. Pendant la Première Guerre mondiale, elle tourna à plein régime pour fournir des uniformes, mais déclina après 1920, faute de commandes étatiques. L’activité cessa définitivement en 1954. Classée monument historique en 2014, la cité manufacturière de Villeneuvette est aujourd’hui la mieux conservée de France.

Liens externes